Un recours rejeté, mais une lueur d’espoir
Le MRC invoquait l’article 80 du code électoral, qui stipule que la liste électorale nationale doit être rendue publique au plus tard le 30 décembre de chaque année. Cependant, le Conseil constitutionnel a estimé qu’aucune élection n’étant en cours, il n’avait pas à se prononcer sur cette question. « En l’état, aucune élection n’a été ouverte au Cameroun, le corps électoral n’ayant nullement été convoqué pour un quelconque scrutin », a-t-il justifié.
Malgré ce rejet, le Conseil constitutionnel a ouvert une porte de sortie en précisant que la question de la non-publication de la liste électorale pourrait être examinée par la cour d’appel compétente. Une clarification saluée par Me Ntimbane Bomo, avocat et acteur de la société civile : « Le Conseil constitutionnel vient enfin de préciser de manière définitive la procédure et les juridictions compétentes pour tous les contentieux du fichier électoral. »
Une bataille juridique qui s’enlise
Ce n’est pas la première fois qu’Elecam est assignée en justice pour la non-publication de la liste électorale. En janvier 2024, Abdouraman Hamadou, ancien secrétaire général de la Fecafoot et nouvelle figure politique, avait déjà essuyé un échec similaire. Les juridictions sollicitées avaient alors invoqué l’article 81.2 du code électoral, qui renvoie les réclamations relatives aux listes électorales au conseil électoral.
Mais cette procédure pose problème : comment contester des erreurs ou des omissions sur une liste électorale si celle-ci n’est pas accessible ? « Comment va-t-on saisir le conseil électoral pour ces types d’erreurs lorsqu’on n’a justement pas accès à la liste électorale nationale pour les constater ? », s’est insurgé un cadre du MRC auprès d’Infos237.
La détermination du MRC intacte
Malgré ces obstacles, le MRC ne baisse pas les bras. Le parti a annoncé son intention de poursuivre son combat en appel, déterminé à faire respecter le droit électoral. « Nous devons exiger que le directeur d’Elecam respecte le droit électoral, qui est de source constitutionnelle », a insisté Me Hippolyte Méli.
Pour Maurice Kamto et ses partisans, cette bataille dépasse le simple cadre juridique. Elle symbolise leur lutte pour la transparence et la démocratie au Cameroun. Alors que le pays s’achemine vers de futurs scrutins, la question de la fiabilité des listes électorales reste un enjeu majeur.
Une guerre d’usure
Si le Conseil constitutionnel a temporairement éteint l’espoir du MRC, il a aussi tracé une voie juridique claire pour les prochaines étapes. Reste à savoir si la cour d’appel saura répondre aux attentes de l’opposition. En attendant, Maurice Kamto et ses troupes continuent de se battre, convaincus que la transparence électorale est une condition sine qua non pour une démocratie saine.
Infos237
