Amnesty International dénonce la mort de 21 manifestants au Nigeria : Les réformes de Tinubu sous pression

Amnesty International a révélé qu'au moins 21 personnes ont été tuées par les forces de l'ordre au Nigeria lors des manifestations contre la hausse des prix et la mauvaise gouvernance. Cette situation soulève de vives inquiétudes quant à la gestion des réformes économiques par le président Bola Tinubu.

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Amnesty International a publié un nouveau bilan alarmant ce 7 août, indiquant qu’au moins 21 personnes ont perdu la vie lors des récentes manifestations au Nigeria. Ces rassemblements visaient à protester contre la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, ainsi que contre la mauvaise gouvernance dans le pays. Selon l’ONG, les forces de l’ordre ont été responsables de ces décès, survenus lors d’affrontements avec les manifestants.

Un bilan précédent publié la semaine dernière faisait état de 13 morts. Le directeur d’Amnesty International au Nigeria, Isa Sanusi, a précisé que sept personnes ont été tuées à Kano et une autre à Azare, deux villes situées dans le nord du pays. D’autres victimes ont été recensées à Suleja, près d’Abuja (six morts), à Maiduguri (quatre morts), et à Kaduna (trois morts), selon un communiqué d’Amnesty publié sur le réseau social X. Isa Sanusi a également indiqué que l’organisation continuait d’enquêter sur d’autres décès survenus pendant ces manifestations.

Les autorités nigérianes dans le déni

Face à ces accusations, la police et l’armée nigérianes ont nié toute responsabilité. À Maiduguri, la police a affirmé que les quatre morts étaient le résultat d’explosions, sans donner plus de précisions. Quant à la police de Kano, elle a simplement annoncé qu’elle enquêtait sur les allégations concernant la responsabilité des officiers dans les décès survenus dans cette ville.

Amnesty International a condamné l’utilisation de balles réelles contre des manifestants et a exigé que des enquêtes soient menées sur le comportement des forces de l’ordre. « Nos éléments montrent que là où il y a eu des morts, des membres des forces de sécurité ont délibérément usé de tactiques visant à tuer alors qu’ils faisaient face à des rassemblements de personnes dénonçant la faim et la grande pauvreté », avait écrit l’ONG dans un communiqué précédent.

La crise économique au cœur des tensions

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est en proie à une crise économique profonde. Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2023, le président Bola Tinubu a mis en place plusieurs réformes économiques qui ont exacerbé la situation. L’inflation alimentaire a dépassé les 40 %, et le prix du carburant a triplé, entraînant une augmentation généralisée du coût de la vie.

Mercredi, le président Tinubu a tenté de rassurer la population en appelant à la patience, affirmant que les réformes mises en place finiraient par améliorer l’économie. « Ayez confiance en notre capacité à tenir nos promesses et en notre souci de votre bien-être. Nous sortirons de ces turbulences », a-t-il déclaré dans un discours à la nation.

Cependant, les manifestants, regroupés sous le hashtag #EndbadGovernanceinNigeria, ont exprimé leur désespoir face à la situation actuelle et exigent du président qu’il revienne sur certaines réformes, notamment la suspension de la subvention aux carburants, afin de « mettre fin à la souffrance et à la faim ».

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