Est de la RDC : Goma sous tension, Tshisekedi promet une riposte vigoureuse

Alors que les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont pris le contrôle de Goma, la capitale du Nord-Kivu, Félix Tshisekedi promet une riposte ferme. La situation sécuritaire dans l’est de la RDC se dégrade rapidement, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.

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Points forts
  • Est de la RDC : Goma sous tension, Tshisekedi promet une riposte vigoureuse

La ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, est désormais sous le contrôle des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda. Cette prise de contrôle, intervenue après plusieurs jours de combats intenses, marque un tournant dramatique dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Face à cette escalade, le président Félix Tshisekedi a promis une « riposte rigoureuse et coordonnée » contre les « terroristes et leurs parrains ».

Une offensive éclair
L’offensive du M23 a débuté le 23 janvier, avec des combats acharnés autour de Saké, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Goma. En quelques jours, les rebelles ont progressé vers la capitale régionale, malgré la résistance des Forces armées de la RDC (FARDC) et de leurs alliés, notamment les groupes armés locaux appelés Wazalendo. Dimanche 26 janvier, les rebelles ont pénétré dans Goma, semant la panique parmi la population.

Les combats ont été marqués par des bombardements d’artillerie lourde, touchant même des camps de déplacés. Selon des sources locales, au moins dix civils ont été tués dans ces attaques. La situation dans la ville reste confuse, avec des poches de résistance des FARDC et des Wazalendo, mais les rebelles contrôlent désormais les points stratégiques, dont l’aéroport international de Goma.

Félix Tshisekedi s’adresse à la nation
Dans un discours télévisé mercredi 29 janvier, Félix Tshisekedi a appelé à l’unité nationale et promis une riposte militaire vigoureuse. « La RDC surmontera cette tempête », a-t-il déclaré, tout en dénonçant l’inaction de la communauté internationale. « Votre silence et votre inaction constituent un affront à notre nation », a-t-il lancé, visant notamment les Nations unies et les grandes puissances.

Le président congolais a également annoncé la nomination d’un nouveau gouverneur militaire pour le Nord-Kivu, le général-major Évariste Somo Kakule, en remplacement de Peter Cirimwami, tué au combat le 23 janvier.

La communauté internationale sous pression
La prise de Goma par le M23 a provoqué une onde de choc dans la communauté internationale. Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en urgence à deux reprises, condamnant l’offensive et appelant à un cessez-le-feu immédiat. Cependant, aucune sanction concrète n’a été prise contre le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir activement les rebelles.

La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a également condamné l’offensive et appelé au retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Barrot s’est rendu à Kinshasa ce 30 janvier pour rencontrer Félix Tshisekedi, avant de se diriger vers Kigali pour des discussions avec Paul Kagame.

Les enjeux régionaux
La crise actuelle met en lumière les tensions régionales persistantes entre la RDC et le Rwanda. Kigali nie toute implication directe dans le conflit, mais les rapports des Nations unies et les témoignages sur le terrain attestent du soutien militaire et logistique apporté au M23.

Par ailleurs, la situation à Goma pourrait avoir des répercussions sur les provinces voisines, notamment le Sud-Kivu, où les rebelles ont déjà pris le contrôle de plusieurs localités. La crainte d’une guerre régionale plane, d’autant plus que des forces étrangères, comme la Mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), sont également engagées dans les combats.

Une crise aux multiples facettes
La prise de Goma par le M23 marque un tournant critique dans le conflit qui déchire l’est de la RDC depuis des années. Alors que Félix Tshisekedi promet une riposte militaire, la communauté internationale est appelée à agir pour éviter une escalade régionale. Dans un contexte géopolitique complexe, l’avenir de la région reste incertain, avec des millions de civis pris en étau entre les combats et les enjeux de pouvoir.

Infos237

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