À l’approche du scrutin d’octobre, le Cameroun entre dans une année électorale sous haute tension. Entre incertitudes sur la candidature de Paul Biya, interrogations sur l’état de santé du chef de l’État et divisions persistantes au sein de l’opposition, le climat politique s’annonce plus imprévisible que jamais. Le pays retient son souffle, partagé entre la perspective d’une continuité et les espoirs de changement.
Une année électorale sous haute tension
Les années électorales ont toujours un parfum particulier. Les débats s’enflamment, les tensions montent et l’avenir du pays devient l’enjeu de toutes les spéculations. 2025 ne fera pas exception, d’autant plus que les derniers mois ont déjà donné un avant-goût du climat électrique qui s’annonce.
Depuis septembre 2024, la santé de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, est au cœur des discussions. Ce n’est pas la première fois que le sujet anime les conversations, mais cette fois, l’inquiétude a pris une autre dimension. Contrairement aux épisodes précédents, où le chef de l’État avait su faire taire les rumeurs par des apparitions soigneusement orchestrées, son retour discret au pays en octobre dernier après plusieurs semaines de silence n’a fait qu’alimenter les spéculations.
Biya, candidat naturel, mais à quel prix ?
Malgré les doutes, Paul Biya reste le candidat naturel du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Son maintien au pouvoir a toujours reposé sur une stratégie implacable, et il pourrait une nouvelle fois déjouer les pronostics. Mais cette fois, le défi est de taille : pourra-t-il mener une campagne dans un contexte où le Cameroun fait face à des tensions économiques croissantes et où la Cemac tire la sonnette d’alarme sur la situation financière du pays ?
L’opposition, de son côté, rêve d’un sursaut populaire, espérant que la lassitude des électeurs face à un système vieillissant finira par provoquer une rupture. Mais ces espoirs ne sont pas nouveaux. En 2018 déjà, des figures comme Maurice Kamto, Cabral Libii ou Joshua Osih avaient cru en la possibilité d’un changement, avant de se heurter à l’implacable machine du RDPC.
2025 : une répétition de 2018 ?
La prochaine présidentielle pourrait ressembler à un remake du dernier scrutin, avec les mêmes acteurs en lice et un pouvoir toujours aussi verrouillé. Mais le doute s’installe : le RDPC sera-t-il en mesure de maintenir la même mainmise sur le processus électoral ? Paul Biya, à 92 ans, pourra-t-il encore imposer son rythme et dominer la scène politique comme il l’a fait pendant des décennies ?
À Yaoundé, Douala, Maroua ou Garoua, les paris sont lancés. Le Cameroun s’apprête-t-il à écrire une nouvelle page de son histoire politique ou à prolonger un statu quo déjà bien rodé ? Une seule certitude demeure : une élection présidentielle ne laisse jamais le pays indifférent. Et 2025 ne fera pas exception.
