Appel urgent à l’intervention de Son Excellence le Président Paul Biya et des autorités administratives : Le Logone et Chari en détresse face aux inondations

Face à une crise humanitaire d'une ampleur sans précédent provoquée par des inondations catastrophiques dans le département du Logone et Chari, les autorités administratives et le Président de la République sont appelés à intervenir de toute urgence. Les pertes humaines, matérielles et agricoles sont désastreuses, laissant des milliers de familles sans abri ni soutien.

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Monsieur le Président de la République,
Mesdames et Messieurs les autorités administratives,

Nous vous interpellons aujourd’hui dans une situation critique qui menace directement la survie de milliers de citoyens camerounais. Le département du Logone et Chari est dévasté par des inondations d’une intensité inédite, plongeant des milliers de familles dans une détresse absolue. Les intempéries persistantes ont exacerbé une situation déjà précaire, entraînant des pertes humaines considérables et des destructions massives des biens.

Un bilan alarmant

Pertes humaines

À Fotokol, la semaine dernière, quatre jeunes hommes âgés de 20 à 30 ans ont tragiquement perdu la vie, emportés par la montée des eaux. Dans l’arrondissement de Goulfey, plus de dix personnes ont été victimes de cette catastrophe naturelle, tandis que dans la région de Makary, le bilan dépasse déjà les quinze morts. Ces pertes révèlent l’ampleur de la catastrophe qui frappe de plein fouet ces populations déjà vulnérables.

Destruction des biens et des cultures

Les inondations ont dévasté des localités entières, rendant impossible tout espoir de retour à la normale sans une intervention d’urgence. À Blangoua, plus de 150 ménages sont sans toit, contraints de vivre dans des conditions indignes.
À Koffia, l’eau a englouti plus de 300 champs, anéantissant ainsi des récoltes qui devaient nourrir des familles pendant des mois.
Le tableau est encore plus sombre à Logone Birni, où les inondations ont frappé 151 villages, touchant 8 550 ménages et mettant 35 950 personnes en détresse. Plus de 4 600 maisons ont été emportées par les flots, laissant les habitants sans abri, tandis que 5 601 hectares de cultures ont été ravagés. Ces chiffres révèlent l’ampleur des pertes agricoles, menaçant gravement la sécurité alimentaire dans cette région.

La ville de Kousseri, capitale départementale du Logone et Chari, est désormais menacée. Les berges du fleuve qui s’étendent de Laka à Madagascar montrent des signes évidents d’érosion, et sans une action immédiate pour les renforcer, la montée des eaux pourrait aggraver encore plus la situation, mettant en danger des milliers de vies supplémentaires.

Un appel à l’action immédiate

Monsieur le Président, la gravité de la situation nécessite une mobilisation rapide de tous les moyens de l’État pour secourir les populations en détresse. Les routes sont devenues impraticables, isolant davantage des zones déjà difficiles d’accès. Seules quelques localités, comme Logone Birni et Goulfey, peuvent encore se rendre à Kousseri, mais ces accès sont sur le point d’être coupés. À Makary, se déplacer nécessite désormais l’utilisation de pirogues, avec des coûts de transport atteignant 20 000 FCFA, un montant exorbitant pour ces populations majoritairement rurales.

Des infrastructures critiques sous pression

Les infrastructures, notamment les routes, sont dans un état de dégradation avancée. Le tronçon de 140 km entre Waza et Kousseri est jonché de nids-de-poule, rendant les déplacements presque impossibles. Le mauvais état des routes, combiné aux péages qui fonctionnent 24 heures sur 24, ajoute une pression financière insupportable à une population déjà en proie à une crise humanitaire. Monsieur le Président, il est impératif de réhabiliter ces infrastructures vitales et de renforcer les berges menacées par les eaux montantes.

Les besoins urgents de la population

Le département du Logone et Chari nécessite des mesures d’urgence. Nous demandons la mise en place immédiate de camps d’hébergement temporaires pour les familles déplacées, un soutien alimentaire et sanitaire d’urgence pour prévenir la propagation de maladies liées à l’eau, et la mobilisation d’équipes médicales dans les zones sinistrées.

De plus, des missions d’évaluation rapide sont nécessaires pour :

  • Réhabiliter les infrastructures critiques (routes, ponts, écoles).
  • Renforcer les berges des fleuves pour prévenir de nouvelles inondations.
  • Mettre en place des plans de réinstallation pour les sinistrés.
  • Prévoir une aide alimentaire et médicale continue pour soutenir les victimes.

L’implication des élites locales

Nous nous adressons également aux élites du Logone et Chari. Il est temps de répondre à cet appel à la solidarité nationale. Chacun de nous a un parent, un frère ou une sœur dans ces villages touchés. C’est un devoir moral de mettre en pause nos préoccupations personnelles pour venir en aide à ceux qui en ont désespérément besoin.

Un appel à la dignité humaine

Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les autorités administratives, la population du Logone et Chari souffre. Si des mesures immédiates ne sont pas prises, la catastrophe déjà en cours pourrait se transformer en une tragédie humaine plus grande encore. Nous ne pouvons pas rester indifférents devant la souffrance de nos compatriotes. Leur dignité, leur sécurité et leur avenir sont en jeu.

Il est encore temps d’agir. Il est encore temps de sauver des vies et de restaurer l’espoir dans cette région sinistrée. Nous vous prions d’intervenir avec détermination et rapidité pour apporter l’aide et le réconfort dont ces populations ont tant besoin.

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